Vers la porte du Mustang
Nous quittons Pokhara après avoir admiré de la terrasse de l'hôtel, la chaine de montagne qui encercle la ville et son célèbre lac phewa et surtout, enneigés, les magnifiques plus de 8000, le Dhaulagiri, l'un des Annapurna (car il y en a 4 - de 1, le plus haut, au 4 et même 5 avec l'Annapurna sud) et le Manaslu, que les malaisiens appellent -si j'ai bien compris - la queue de poisson.
Il s’agit vraiment maintenant d’aborder notre périple dans
la vallée du Mustang et l’affrontement de la route plus sportive car, pour une
grande part, nous roulerons sur une piste non goudronnée sur près de 90 km !
La route attaque aussitôt l'ascension. En quelques 20 km, on va passer de 800
mètres à 2000 mètres ! Pour l'instant, ça a un côté champêtre avant de devenir
réellement montagneux. Mais cette douce impression va s'envoler avec la
poussière d'une route en construction. Les 3 vieux copains, Gilles, Michel et
moi allons assez rapidement nous échapper lors d'une descente vers des gorges
de toute beauté bordées de minuscules rizières creusées sur de rares plateaux ou de douces mais rares pentes.
La rivière que nous longeons est La Gandaki ce qui veut dire
sale et noirâtre en népalais ; une référence aux minéraux qu’elle charrie
impétueusement vers le Gange.
Nous nous arrêtons près d’une gargote car Surendra a exigé
un arrêt boisson toutes les 2 heures afin que l’on puisse s’habituer aux
changements d’altitude. Rien de tel que de boire afin d’amoindrir les effets
d’une brutale ascension.
C'est après avoir rejoint le lit de la rivière impatiente
que nous perdons Michel et Gilles. En effet, arrivés à Bahni, ils ont continué
tout droit dans leur envol vers notre destination sans nous attendre. Pas de
bouffe pour eux. La nouvelle bêtise de Gilles comme dit Surendra. Car il
fallait s'arrêter dans le village de Bahni pour déjeuner et que les filles
puissent changer de monture. Abandon du van pour un 4X4. Ceci dit, j'aurai pu
être dans l'aventure si je n'avais pas perdu l’une des attaches de mon pare-chocs
avant et attendu quelques minutes l’arrivée en moto de notre mécanicien resté
en arrière.
Du coup, au lieu de se mettre à table – pour à nouveau un
Dal-Bath ! – deux des membres de l’équipe
de Surendra partent à leur recherche. Shushil vers l’amont, Surendra vers
l’aval… et moi je vais me promener dans le village pendant que notre mécanicien
s’affaire à réparer ma machine.
Après le déjeuner, les filles découvrent leur 4x4 ; Indice
clair de ce qui nous attend. Mais soyons clair, il y
avait déjà belle lurette que les motards étaient confrontés à ce qui allait
devenir leur quotidien, terre, poussière, eau, cailloux, gravillons, boue et
roche s'acharnant à refuser la lisse platitude et vénérant le Dieu Chaos. Qui,
pour nous bénir, nous aspergea de pluie. En effet, brutalement, un orage éclate. La piste prend alors une autre allure. Nos véhicules et nos tenues aussi.
C’est donc quelque peu éparpillés et
trempés par la pluie, que nous arrivâmes à Tatopani, notre destination où nous
retrouvèrent nos deux compagnons échappés, attablés devant un thé, secs et bien
disposés à notre égard - voire hilares du tour qu’ils nous avaient joués.
Après une rapide installation dans une annexe possédant
quelques chambres sommaires, nous réussîmes à trouver une place dans la salle
de restaurant envahie par des trekkeurs du monde entier. Quant à la nuit, elle fut
tout simplement déplorable. Personne n’acceptant de prendre une douche ; l'eau
dans la chambre étant glaciale et l'unique eau chaude n'étant disponible qu'en
douche collective que personne ne souhaité tenter et en oubliant que Tatopani
est célèbre pour ses sources d’eau chaude. Mais nous l’oublierons tant la
fatigue nous poussa au lit. Nous nous couchâmes tout habillé dans l'attente que
les draps se réchauffent avant d'y enfiler nos pyjamas

















Commentaires
Enregistrer un commentaire