On ne roule pas, on sautille
Ce matin nous quittons l’infâme « Dhaulagiri Lodge » avec les yeux
encore chassieux du manque de sommeil.
En plein
jour, sous la lumière matinale, les lieux nous offrent des couleurs plus chaudes, d’autant
que nous nous rendons compte que le jardin potager est couvert d’arbres
fruitiers, notamment des agrumes, citrons verts et jaunes mais aussi une espèce
de pamplemousses énormes et peu goûteux.
Sur les toits sèchent des légumes.
Visiblement le sol est ici particulièrement fertile.
Aujourd’hui, outre la promesse de passer une nuit moins déplorable,
nous attaquons la route vers Jomsom, voire si nous avons le temps Kagbeni. Sans
doute le plus beau tronçon du Mustang avec chutes d'eau, cascades, et dans la
matinée cette vallée de Kaligandaki, les gorges les plus profondes au monde
selon Surendra, avant d’atteindre le vaste plateau qu’ont formé les eaux de la
Gandaki.
Les motos sont prêtes, révisées comme tous les matins, voire même réparées !
Pas grand-chose à relater tout
est à voir. On surveille à chaque virage les hauteurs afin de voir l'un des
kiri ou l'un des Annapurna, qui jouent également avec quelques nuages.
On passe
par Kalopani, qui, au contraire de Tatopani est une source d’eau froide. Kalo
voulant dire froid en népalais alors que Tato veut dire chaude. Vous déduirez
donc que Pani veut dire source. Pour les quelques masures qui forment le
village de Kopchepani, j’avoue mon ignorance sur la particularité de l’eau.
On
s’arrête toujours régulièrement pour la pause boisson afin d’éviter le mal des
montagnes. Mais il y a aussi régulièrement des bureaux de contrôles de la
police du Mustang qui réclament la présentation de nos passes qu’il nous avait
été si pénible d’obtenir à Kathmandu. Il faut donc attendre chaque fois le 4X4
des femmes car seul Surendra les possède. L’occasion aussi d’entendre les
jérémiades de nos épouses se plaignant du confort succinct de leur véhicule.
« Ce
n’est pas l’engin qui est en cause, c’est la piste
-
Il a fallu en descendre une fois car la piste
était si boueuse qu’il n’arrivait pas à la gravir.
-
C’est peut-être le chauffeur qui ne sait pas y
faire ?
-
Oui peut-être, mais on ne le lui dira
pas ! »
Et puis, parfois, il faut s'y reprendre à plusieurs fois...
Plus loin la Gandaki s’étale en formant un grand lac. Nous arrivons sur les grands plateaux du Mustang. C’est bien lorsque les montagnes s’élargissent que l’on peut commencer à se rendre compte et à admirer la grandeur du massif de l’Himalaya.
Auparavant,
on s’était arrêté déjeuner dans un restaurant qui nous avait attiré par son nom
« Illy Annapurna », promesse d'un expresso !!! Il s'agit d'un hôtel
restaurant moderne bien incongru dans ce milieu, mais bien venu pour les
motards. Le soleil brille et je mets mes chaussures à sécher. Ce ne sera pas un
expresso, mais deux !
La piste est semée de trous d'eau ou coupée par des torrents. Sur l'un d'eux, Gilles traverse et enchaine sur la côte qui suit, étroite et balafrée de deux ornières formées par les camions et bus. Je me décide alors de le suivre sans me rendre compte qu'il vient de caler. A plein régime dans l'ascension je tente de l'éviter, mais trop rapide, la moto grimpe sur le bas-côté et me renverse sur la piste. J'évite le pire. Merci le blouson. Côté moto, j'ai perdu le repose pied. Indispensable sur ce terrain. Pas de soucis, le mécano prend l'un de ceux prévus pour le passager et roulez jeunesse.
Sur la piste, nous nous arrêtons à l'une des nombreuses gargotes qui annoncent un village. C'est l'heure de boire, abondamment de l'eau ou du thé ; l'un des principaux remèdes au mal des montagnes : peu d'efforts et boire, boire encore et encore. Dehors, derrière la cambuse où s'active le vieil homme, son épouse - du moins je le suppose- - nettoie à même le sol de la vaisselle de fer sous un mince filet d'eau. Tout s'écoule le long de la vieille terrasse de pierre au profit de 2 ou 3 poules étonnamment flamboyantes sous leur plumage irisé. Lorsque la femme a fini son office, l'eau continue de couler pour les dieux.
La piste est semée de trous d'eau ou coupée par des torrents. Sur l'un d'eux, Gilles traverse et enchaine sur la côte qui suit, étroite et balafrée de deux ornières formées par les camions et bus. Je me décide alors de le suivre sans me rendre compte qu'il vient de caler. A plein régime dans l'ascension je tente de l'éviter, mais trop rapide, la moto grimpe sur le bas-côté et me renverse sur la piste. J'évite le pire. Merci le blouson. Côté moto, j'ai perdu le repose pied. Indispensable sur ce terrain. Pas de soucis, le mécano prend l'un de ceux prévus pour le passager et roulez jeunesse.
Sur la piste, nous nous arrêtons à l'une des nombreuses gargotes qui annoncent un village. C'est l'heure de boire, abondamment de l'eau ou du thé ; l'un des principaux remèdes au mal des montagnes : peu d'efforts et boire, boire encore et encore. Dehors, derrière la cambuse où s'active le vieil homme, son épouse - du moins je le suppose- - nettoie à même le sol de la vaisselle de fer sous un mince filet d'eau. Tout s'écoule le long de la vieille terrasse de pierre au profit de 2 ou 3 poules étonnamment flamboyantes sous leur plumage irisé. Lorsque la femme a fini son office, l'eau continue de couler pour les dieux.
Les amis sur la terrasse de pierre se partagent quelques barres chocolatées qui, en quelques années, sous l'engouement probable des trekkers occidentaux, sont devenus l'un des produits de base de la nutrition népalaise. En témoigne le sol jonché d'emballages, y compris à ces hautes altitudes.
Peu après
nous atteignons Marpha, charmant village de pierres peintes en blanc, le plus
beau de tous ceux que nous avons traversé. A chaque entrée, de longs postes de pierres
portent des moulins à prières, comme si le village dans son ensemble était un
monastère. Toutes les maisons sont proprettes et bien entretenues, recouvertes
de chaux blanche et surmontées de troncs de bois coiffées de pierres.
Finalement
Surendra a décidé que nous passerons la nuit ici et non plus loin, comme
initialement prévu. Nous passerons donc la nuit, au « Marpha Palace »,
excusez du peu !
Drôle de bâtisse, construite toute autour d’une cour intérieure
couverte où trône un poêle auprès duquel nous venons nous réchauffer, dénudant
nos pieds pour y poser nos chaussettes et chaussures trempées près du foyer. Là,
un dialogue s’installe avec 2 ou 3 jeunes hommes népalais qui s’étonnent de
notre âge pour des motards, avec un sourire empreint d’admiration. Imaginez
donc la fierté des motards français.
Les chambres
nous changent de celles de la veille. Tout comme le repas – un dal-bath
amélioré - pris tout autour d’une grande table installée directement sur une estrade
à la manière des japonais… Une musique peu à peu retentit. Des jeunes népalais
du village se réunissent dans la cour intérieure pour y passer une soirée
dansante. Après le repas, certains vont se coucher immédiatement alors que d’autres
vont tâter de la piste de danse ! Nous ne donnerons pas de nom !































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