Galère moderne

A vouloir partir de Toulouse, le choix était simple car unique : Turkish Airlines, seule compagnie à desservir Katmandou mais d’une grande propension à changer ses horaires. Pas bien grave s’il ne fallait à chaque fois reconfirmer sa réservation. Après 3 opérations de ce type le même jour, nous avons décidé de prendre un peu de recul avant de nous précipiter sur les sièges repérés et de ne les ré-enregistrer que le soir. On a bien fait, car même ce dernier acte ne fut pas pris en compte ; lors de l’embarquement, l’hôtesse ne les trouva pas.


Quoi qu’il en soit, le vol s’effectua sans surprise. Il est vrai que étions sous la protection divine.

Une arrivée épique, d’abord sur Istanbul et son nouvel aéroport, qui remplace désormais l'aéroport Atatürk d'Istanbul. Tellement immense (il est le plus grand aéroport du monde en termes de capacité) qu’il nous fallut plus de 15 minutes de marche rapide avant de retrouver notre correspondance sur le Népal.

Auparavant quelques vues splendides de l Himalaya prises de l'avion.





Puis ce fut l’aéroport Tribhuvan de Kathmandu. Rien à voir avec Istanbul, peut-être le plus petit aéroport international du monde. Et quel bordel. Attente d’une heure à survoler la ville. Puis piétinements de 3 heures avant de régler l’indispensable mesure administrative d’entrée dans le pays… une procédure tellement mal foutue et mal expliquée que l’on n’a qu’un désir… retourner d’où l’on vient.


 

En fait, nous avons joué de malchance. 4 avions venant d’atterrir coup sur coup et le terminal d’arrivée saturé par le nombre de passagers. Du coup, pour trouver les guichets cachés par la foule, n’était pas une sinécure. Les identifier ensuite : guichet de « demande de visa » puis celui de « paiement de visa » et enfin devant celui d’ « octroi de visa » ! Il fallait en effet commencer par établir son visa, sur un terminal électronique, avec saisie automatique du portrait et impression du document ad-hoc. A condition que tout cela fonctionne bien évidemment. 3 minutes par personne… imaginez la queue… Puis ensuite aller payer, à un autre guichet tout autant pris d’assaut. Et enfin passer le contrôle de douane, sans se tromper de sas de contrôle en fonction du nombre de jours de résidence prévus. Et tout cela pour des milliers de passagers aussi paumés que nous à chercher un semblant d'organisation, passant d'un guichet à un autre, augmentant d'autant le temps perdu à faire la queue d'un guichet inadéquat.

Dehors Surendra nous attendait sous le soleil, brandissant un panneau « LES MOTARDS D 'AGEN », enthousiaste et visiblement joyeux. Au contraire de Gilles qui venait de récupérer sa valise en triste état. Surendra l’accompagna au guichet de la Turkish Airlines pour y déposer une plainte et nous les attendîmes en constatant la saleté repoussante des abords de l’aéroport. En fait, il s’agit plus d’une quantité impressionnante de poussière qui recouvre tout d’un linceul décoré par mille déchets. Tout le monde jette tout au sol. Et ce sera ce premier constat désolant que l’on vérifiera tout au long du séjour, quelques soient les lieux visités.


Nous somme logés à l’International Guest House près du cœur historique de la ville. Dans l’attente de notre installation, nous nous réunissons pour une pose agrémentée d’un apéritif de bienvenue, premier contact avec la bière locale, « l’Everest » qui ne culmine pas dans les sommets de la dégustation.





Puis nous faisons un petit tour en ville pour une première appréhension de la vie népalaise et la façon qu’ils ont de circuler dans les rues étroites de ce quartier de Thamel. Repérage également par nos femmes des magasins et de leurs achalandages. Quant aux hommes, ils s’ébahissent de l'incroyable imbroglio que tissent les fils électriques lumineux ou non, les fils téléphoniques et les drapeaux de prière bouddhistes.



Retour à l’hôtel pour dîner et pour écouter Surendra et ses précieux conseils de circulation et non pas des codes de conduite car les népalais n’en font qu’à leur tête, mais toujours avec bienveillance et respect de l’autre. Le bordel le plus sympathique qui soit, les coups de klaxon les plus respectueux qui soient et une circulation à gauche si toutefois la largeur de la chaussée le permet ! La théorie du chaos fonctionne à plein régime dans le monde le plus saturé qui soit, dès lors qu’il est sous l’emprise de la zénitude et du respect d’autrui, qu’il soit humain ou animal, qu’il circule à pied, en vélo, moto, voiture ou engin incongru et méconnaissable.


Allez on verra cela directement sur les motos demain, et vite au dodo, crevés que nous étions.
A demain



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