Cap sur les sommets
Aujourd'hui cap sur les sommets
Après
avoir quitté la vallée, nous attaquons à nouveau les flancs de la montagne sur
une piste large de cailloux et de poussière.
Nous
quittons un peu plus loin les gorges pour un vaste plateau dénudé à 2000 mètres
d'altitude au cœur duquel coule une large rivière, la Gandaki. Elle s’étale en
formant un grand lac se reposant sur un large plateau témoignant de la puissance
des eaux des dégels.
Au détour d'un petit à-pic qui s'ouvre sur le ciel, nous débouchons sur un très vaste plateau au sein duquel la rivière se prélasse tant qu'elle s'y dissout. La lumière est incroyable, baignant les lieux d'argent.
Un avion se fait entendre. Nous nous approchons en effet de l’aérodrome de Jomsom, reconnu comme l'un des plus dangereux du monde. D’ailleurs en 2012, un avion de la compagnie népalaise Agni Air a vu une de ses ailes percuter le flanc de la montagne à son approche. Bilan 15 morts ! Plus loin, nous croisons un petit troupeau de Yaks que dirige un berger népalais vers une destination improbable.
En arrivant sur les grands plateaux du Mustang, nous mesurons la beauté et la force de la nature. C’est lorsque les montagnes s’élargissent que l’on peut commencer à se rendre compte et à admirer la grandeur du massif de l’Himalaya.
La route a
du coup bien changé. Puis, au loin sur la piste, quelques individus perdus au
sein de ce désert minéral. En nous approchant, nous constatons qu’ils attendent,
probablement un bus, près d’un pont de singe. Nous nous arrêtons car il vaut le
coup d’œil par sa longueur et le panorama qu’il traverse. On s’étonne, stupéfaits,
en admirant un népalais le franchir à moto. Cela donne des idées à mes
intrépides compagnons qui veulent en faire autant. Il mène au village
montagnard de Pangling qui n’est pas au programme. Du coup, Surendra nous en
dissuade, juste avant de prendre ma moto et de faire l’aller-retour. A son
retour, devant nos mines renfrognées, il nous promet de réaliser cet exploit un
peu plus tard. Mais, s’agissant d’une surprise, il ne veut pas en dire plus.
Reprenant la
piste qui est – enfin – praticable à des vitesses raisonnables – guère plus de
40 kmh, ce qui nous change des jours précédents, nous longeons le village de
Kagbeni lorsque brusquement, la terre laisse la place à du bitume ! Etonnement
de notre part que Surendra viendra éclairer en nous précisant qu’elle est due a
« nos amis chinois » comme
aime bien le dire Surendra quelques peu goguenard, qui prévoient de faire de la
vallée du Mustang, l’axe principal de pénétration du territoire népalais, premier
tronçon d'une route qui doit rejoindre Pokhara ! Mieux encore, ils
envisagent de réaliser une 4 voies, dans les gorges en aval.
-
une 4 voies ? Tu plaisantes ?
-
Non non, c'est les chinois qui la font en
contrepartie d'une exploitation des métaux de la vallée du Mustang.
Nous remémorant
l’étroitesse de certains passages des gorges, cela nous laisse particulièrement dubitatifs ! Et
attristés. Car la beauté sauvage des lieux risque fort d’être totalement
anéantie.
L'extrémité
du plateau s'échappe sur deux vallées que nous laissons pour nous attaquer à
nouveau aux flancs de la montagne sur une piste large de cailloux et de
poussière. Mais cette fois-ci, elle nous semble – enfin – praticable à des
vitesses raisonnables – guère plus de 40 kmh, ce qui nous change des jours
précédents, nous longeons le village de Kagbeni lorsque brusquement, la terre laisse
la place à du bitume ! Étonnement de notre part que Surendra viendra éclairer
en nous précisant qu’elle est due a « nos
amis chinois » comme aime bien le dire Surendra quelques peu goguenard. En effet, la République de Chine prévoit de faire de la vallée du Mustang, l’axe principal de pénétration
du territoire népalais, premier tronçon d'une route qui doit rejoindre Pokhara !
Mieux encore, ils envisagent de réaliser une 4 voies, dans les gorges en aval.
-
une 4 voies ? Tu plaisantes ?
-
Non non, c'est « nos amis chinois » qui la font en
contrepartie d'une exploitation des métaux de la vallée du Mustang.
Nous remémorant
l’étroitesse de certains passages des gorges, cela nous laisse particulièrement dubitatifs ! Et
attristés. Car la beauté sauvage des lieux risque fort d’être totalement
anéantie.
Quoi qu’il
en soit, nous nous en donnons à cœur joie, côté vitesse. Il y avait bien
longtemps que nous n’avions pas tutoyé les 100 kmh. Petite halte à la sortie d’une
série de lacets près d’un stupa pour un point de vue splendide sur l’immense bassin
alluvionnaire de la Gandaki où nombre de touristes semblent s’être donné
rendez-vous. L’endroit, ceinturé d’un large muret est dénommé avec humour Serthang
Selfie Park. Et donc, bien évidemment, nous nous y adonnons.
Le temps
est magnifique, la vue splendide. Arrivés au sommet nous pénétrons dans le
village de Muktinath, connu pour être le point de départ des treks dans
l’Annapurna. Nous garons les motos en attendant le 4X4, qui ne tarde pas. L’objectif
maintenant est d’aller à l’important temple dédié à Vishnou, et sacré tout autant
par les Bouddhistes que par les Hindouistes qui le considèrent comme l'un des
huit sanctuaires les plus sacrés de leur religion, et ce qui explique la
présence nombreuse de touristes par ici. Problème, pour l’atteindre, il faut
monter un raidillon, qui, à cette altitude, n’est pas appréhendable aussi
aisément qu’au bord de l’océan. Certains montent en moto au temple car il est
flanqué contre un à pic montagneux qu'on peut atteindre par un escalier de 250
marches de pierre ou par un chemin praticable par les motos. Du moins c'est ce
qui était annoncé. J'avais laissé ma moto à Surendra car Aimcy ne souhaitait
pas y aller et je préférais rester avec elle. De plus, ce temple était très
important pour Surindra qui désirait y pratiquer une cérémonie consistant à se
baigner dans une eau glaciale afin de se purifier. Une pratique intime qu'il me
semblait important de respecter. Va donc, mon Ami ! Mes compagnons le
jugèrent de façon différente et voulurent l’accompagner. C'est leur choix et je
comprends fort bien que, ne serait-ce que le voir, était digne d’intérêt. Et je
les en remercie car j'ai ainsi quelques photos.
Tous sont
donc partis à 2 sur les motos et nous les avons attendus devant un thé,
contemplant au sud la chaîne enneigée de l'Annapurna, ou au nord le plateau
tibétain, un programme finalement tout aussi important, qui dura, dura, dura,
alors que la faim commençait à nous assaillir de façon pénible. C’est plus
tard, que l’on apprit qu’au retour, ils s’étaient arrêtés à une gargotte et
avaient déjeuné pensant sans doute que nous ne les avions pas attendus !
Qu’à cela
ne tienne, Surendra nous commande un Dal-Bath. Il ne faut pas se prendre la
tête avec ce genre de détail voyons ! D’ailleurs du coup, il nous
accompagne alors même qu’il venait de sortir de table. C’est là, l’âme
népalaise , « don't worry be happy » !
Au retour,
nous apprendrons en fin de journée qu'il y a eu une chute de moto dans la
montée au temple, sans grande gravité heureusement. Juste un beau bleu sur la
cuisse de notre amie. Les Dieux étaient-ils contre l’un de nos amis ? Du
tout. Il s’agissait tout simplement d’un effet du mal des montagnes.
« je
ne savais plus où j’étais ! »
Il était l’heure
de revenir sur nos pas. Pour nous, l’ascension de l’Annapurna se limitait à Muktinath.
Il y avait bien trop d’autres endroits à voir pour continuer, d’autant que
chaque heure passée en ascension entrainait d’office autant de temps pour en
revenir.
Du coup, nous
reprîmes le chemin de la journée, mais cette fois en sens inverse, dans le sens
de la descente, source de nouvelles visions, de nouvelles sensations. De
nouvelles chutes pour l’un d’entre nous qui ouvrait la voie et qui, ébloui par
le soleil, ne vit pas un énorme champ de gravier au milieu d’un virage…
Glissade assurée. La malchance.
Nos avons
roulé ainsi jusqu’à Tatopani. Mais heureusement, cette fois-çi, Surendra avait
trouvé un hôtel nettement plus accueillant que celui de l’aller.
Et il
fallait bien cela, puisque nous fêtions le soir même l’anniversaire de notre
benjamine.
Avec quoi ?
Du vin
népalais !!!! et un… dal-bath !!!!
























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