Cap au nord-ouest
Notre guide, Surendra a décidé que le départ de l’hôtel se
faisait à 11h. en apprenant que cette heure est propice pour rouler. Ah bon !
Mais pourquoi si tard ?
« Dis-moi Surendra,
pourquoi attendre la fin de la matinée ? Tu n‘aurais pas une obligation par ailleurs dont tu ne voudrais pas nous parler
? »
Peu importe, si certains sont désappointés en entendant les
pleurs des motos abandonnées, d’autres sont raviEs de pouvoir enfin « magasiner
». Le groupe s’échappe et s’égaille donc en ville, pendant que je tente
de mon côté d’alimenter le blog en maudissant le WiFi de l'hôtel.
Enfin, c’est l’heure de partir. Une petite photo et hop sur
la moto pour se plonger dans la circulation intense de la capitale népalaise.
En cette fin de matinée nous quittons Katmandu pour Pokhara, deuxième ville du
Népal, et son beau lac. Pokhara est niché à 850 m d’altitude, dans une belle
vallée du même nom. Il s’agit de la ville la plus proche de l’Annapurna qui se
reflète dans le lac Phewa. Nulle autre ville népalaise n'offre une vue aussi
superbe sur les hauts sommets himalayens, quel que soit l'endroit où l'on se
trouve. Pokhara est la porte du Mustang, destination de notre périple. Mais
avant de l’atteindre, nous devons quitter Katmandu et sa large banlieue puis franchir de hautes collines qui nous
rappellent les massifs alpins d’une Suisse orientale.
Après avoir franchi un
col, nous redescendons vers les gorges du Trishuli sur une large piste de terre
et de gravier sur laquelle travaillent des ouvriers. La mise en goudron n'est
toujours pas d'actualité et les masques que nous portons n'empêchent guère de
respirer l'épaisse poussière que soulèvent nombre de camions, de motos et d'autocars.
Puis la route redevient propice à un peu de vitesse,
serpentant parmi les « collines » comme Surundra appelle les massifs qui
enserrent ce que les népalais osent appeler une « highway» ! Il est vrai que ,
le bitume a réapparu. Nous regagnons quelque peu de la vitesse mais l'attention
se fait bien plus présente ; les nids de poule surgissent sans crier gare. Un
petit arrêt près d’une échoppe au bord de la route, histoire d'attendre le
minibus des filles. Puis nous enfourchons à nouveaux nos engins. Des vues
splendides apparaissent sur les nombreuses rizières qui flanquent les coteaux
derrière la végétation.
Vers 14 heures, Sushil, notre ouvreur motard s'engouffre sur
un parking de terre ; arrêt déjeuner. Un repas sans grande surprise, vu que
c’est toujours plus ou moins la même chose, du riz, des légumes crus – que nous
laissons – des lentilles en sauce,
carotte et pomme de terre également en sauce et 2 ou 3 os de poulet : Le
dal-bhat qui deviendra notre repas quotidien pendant tout le séjour.
Il faut aussi s'arrêter pour les impondérables, tel un
problème mécanique sur une des motos qui nous oblige à patienter. Et pendant
que le mécanicien s'active, nous sympathisons avec des lycéennes qui se
préparent à chanter et danser lors d'une fête locale. A notre demande, elles
acceptent de nous faire une petite démonstration, moyennant ce que Surendra
appelle notre contribution à l’économie locale.
La nuit tombée, cela devient dangereux, j’aperçois des vélos
sans aucun éclairage au dernier moment. Il est impossible de voir les défauts
de la chaussée et l’on se fait doubler par des camions et des bus qui nous
repoussent sur les limites goudronnées, là où les trous s’épanouissent. Devant
moi, j’aperçois Michel qui fait un brusque écart pour éviter une jeune fille déambulant
inconsciemment sur le bord de la route, sans aucun éclairage. Je rattrape Sushil
notre ouvreur motard népalais et lui réclame de rouler plus vite. Il me répond
qu’il ne voit pas bien de nuit ! Alléluia !
Arrivés à Pokhara, nous non plus n’avons rien vu…
Et vous non plus. Privés de photos. Surendra s’excuse et
nous réconforte en nous apprenant que nous reprendrons cette route magnifique à
notre retour sur Katmandu et cette fois-ci de jour. Il n’empêche, nous avons
pris des risques inconsidérés. Pourquoi donc sommes-nous partis si tard ?
L’entrée de l’hôtel franchi, trop crevés nerveusement, nous
ne faisons guère la fête après avoir diner un dal-bhat agrémenté de momos, des
beignets de légumes cuits à la vapeur..
Ce sera mieux demain.














Commentaires
Enregistrer un commentaire